Cette superbe tour, d’un diamètre de 10,20m et d’une hauteur totale de 12,40m, est très bien bien conservée, avec sa terrasse à mâchicoulis, son merlon, sa guardiola.

Comme la plupart des tours du littoral, la tour de Miomo a été construite au 16eme siècle et dépendait comme celles de Pietranera et Grisgione, de la Pieve de Lota. Un premier document en date d’octobre 1561, signale la présence de la tour. Il s’agit d’une requête des habitants de San Martino qui se plaignent d’avoir à participer aux frais de garde. En 1580, un document du Fonds Corsica, dit qu’elle est gardée par les habitants. Un peu plus tard, deux documents de même nature, rappellent les enjeux financiers qu’entraîne l’entretien de la tour. La tour est souvent citée dans les rapports établis par les enquêteurs, à la demande du Gouverneur de l’île. En 1617, elle figure dans l’inventaire des tours établi, par les autorités. Elle est gardée par les habitants de la pi pieve. En 1626, donnant suite à un compte rendu de visite, le gouverneur Camillo Moneglia, ordonne que l’on renforce les gardes et que l’on approvisionne la tour en armes et munitions.
En 1654/1655, le gouverneur charge Antonio Maria Contra, de visiter les tours du Cap corse. Quand il passe à Miomo, il constate que la tour est fermée et que le torregiano, un certain Brancatio, de Mandriale de Lota, est absent. Le 20 mai 1661, c’est le même constat qui sera fait. Dix jours plus tard, sans doute, suite aux injonctions du gouverneur, les Padri de la pieve de Lota, déclarent qu’ils ont pourvu la tour de deux moschetti, 40 balles, deux mazzi de mèches et de la poudre. En outre ils signalent qu’il y aura deux gardiens de jour comme de nuit. Enfin, ils mentionnent l’exécution de certains travaux de réparation, le renforcement de la porte d’entrée et de l’échelle d’accès.
Une répartition des dépenses sera faite suivant le nombre de feux. Ceux qui ne paieront pas, se verront infliger une amende de 100 écus. Malgré ces menaces, souvent répétées, la situation se renouvelle puisque le 23 mai 1662, la tour est fermée et sans garnison, quand passe l’enquêteur.
Dans un rapport en date du 6 juillet 1666, l’enquêteur donne quelques précisions : c’est une tour ronde à 50 pieds de la mer, dont les garnisons surveillent les bateaux tirés à terre. Il y a deux torregiani dont les salaires sont pris en charge par les habitants de la pi pieve de Lota, et qui disposent d’une arquebuse à mèche. On y trouve une tromba de bronze et un mascolo de fer. En juillet 1676, l’enquêteur confirme que la tour est sous la responsabilité de la pieve de Lota . Il y a un petrero de fer, mais sans support et sans balles, deux moschetti également sans munitions. Il y recommande d’y faire des gardes( deux hommes la nuit) et livre de la poudre, des mèches et des balles.
En 1702 la tour figure sur un très beau dessin de la route, de Lavasina à Bastia, exécuté par Vaccaro Matteo à la demande du gouverneur de la corse, Ettore Fieschi. En 1713, les responsables de la pieve de Lota, en répondant aux observations faites par les autorités sur la garde de la tour, ré-affirment bien que cette tour, comme celles de Grisgione et de Pietranera, sont placées sous leur autorité. Ils s’engagent à y mettre un spingardo, 12 livres de poudre et 10 livres de balles. Dans la tour il y a déjà un canonetto de fer pour lequel il faudra faire un canaletto. Ils reconnaissent que la porte d’entrée et le plancher ont besoin de restauration. Cependant il y a à la plage, 4 hommes de garde, munis d’arquebuses, prennent- ils soin, de préciser.
Le matériau employé est constitué de schiste et de cipolin , le tout recouvert par un enduit. Ce monument est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
"Découverte des tours littorales du Cap-Corse", Guy Meria, Editions Sammarcelli, 2004